Oscar Piastri aborde la seconde moitié de la saison dans une situation devenue délicate chez McLaren. Alors que Lando Norris a creusé l’écart au championnat et que l’Australien n’a plus goûté au podium depuis Miami, Juan Pablo Montoya estime qu’il doit désormais accepter de prendre des risques avec sa MCL40, quitte à compromettre plusieurs Grands Prix, afin de comprendre ce qui lui manque réellement face à son équipier.
Le début de saison de Piastri avait pourtant été particulièrement malchanceux. Après deux abandons avant même le départ en Australie et en Chine, le pilote McLaren avait rapidement dû courir après le temps. Ses podiums obtenus au Japon et à Miami avaient semblé remettre sa campagne sur les rails, mais il n’a plus terminé dans le trio de tête depuis sept Grands Prix.
En Hongrie, Piastri a longtemps semblé en mesure de renouer avec la victoire. Mais alors qu’il tentait de dépasser Carlos Sainz, alors retardataire, un contact lui a fait perdre un temps précieux. Habituellement très mesuré, l’Australien n’a pas caché sa colère après l’incident. Et Norris en a profité pour reprendre la tête et s’échapper, démontrant qu’il était le plus rapide.
La suite a été encore plus cruelle pour Piastri, contraint à l’abandon en raison d’un problème de boîte de vitesses, tandis que Norris remportait le Grand Prix. L’écart entre les deux pilotes McLaren atteint désormais 36 points en faveur du Britannique.
Pour Juan Pablo Montoya, Piastri doit désormais accepter de remettre en question certaines certitudes concernant le comportement de sa monoplace. Le Colombien estime notamment que le pilote ne doit pas chercher à reproduire les réglages de Norris à tout prix, puisque leurs besoins peuvent être radicalement différents.
“Il doit comprendre pourquoi Lando est plus à l’aise que lui, ce qui lui manque et ce qu’ils doivent faire,” a expliqué Montoya.
L’ancien pilote de Formule 1 insiste sur la nécessité pour Piastri de disposer d’une voiture correspondant davantage à son propre style de pilotage.

“J’ai discuté avec des gars chez McLaren et Oscar a tendance à copier ce que fait Lando avant les qualifications quand il voit qu’il n’arrive pas au niveau de performance de son équipier. Mais ce qui fonctionne pour Lando ne fonctionnera pas nécessairement pour Oscar, et ce qu’Oscar attend de la voiture est complètement différent.”
La solution pourrait donc passer par une approche beaucoup plus expérimentale, quitte à sortir temporairement des réglages habituels de McLaren.
“Oscar devrait aller voir McLaren et dire : ’Laissez-moi expérimenter, même si nous nous trompons complètement. Laissez-moi emprunter quelques fausses pistes’.”
“Ils doivent sortir de la bulle dans laquelle ils évoluent, parce que cela fonctionne pour Lando mais pas pour lui. Ils doivent élargir leur approche et peut-être connaître deux ou trois week-ends difficiles avec Oscar.”
“Qui s’en soucie ? Il reste encore 12 courses. Sacrifiez-en deux ou trois pour les neuf autres, au lieu d’avoir encore 12 courses moyennes.”
Montoya reconnaît toutefois qu’une telle décision est difficile à prendre lorsqu’une équipe aborde chaque week-end avec l’objectif immédiat de maximiser son résultat.
“Quand on avance de week-end en week-end, il est très difficile de dire : ’Nous allons être mauvais ce week-end’. Il faut comprendre ce qui manque. Oscar a beaucoup de très bonnes personnes autour de lui. Ils ne doivent pas avoir peur de jouer le tout pour le tout.”
La défaite de 2025 pèserait-elle encore sur Piastri ?
Pour Montoya, les difficultés actuelles de Piastri ne sont toutefois pas uniquement liées à la mise au point de sa MCL40. Le septuple vainqueur de Grands Prix estime que la manière dont l’Australien a perdu le championnat du monde 2025 pourrait encore avoir des conséquences psychologiques.
Piastri comptait 34 points d’avance sur Norris et 104 sur Max Verstappen après le Grand Prix des Pays-Bas l’an dernier. Neuf courses plus tard, à l’issue de la saison à Abu Dhabi, il avait finalement terminé troisième, à 13 points de Norris et 11 de Verstappen.
“Perdre le championnat l’an dernier lui a vraiment fait mal mentalement,” estime Montoya.

Le Colombien considère toutefois cette situation comme une étape que Piastri doit désormais dépasser.
“C’est un processus : il faut s’en remettre, comprendre ce qui s’est passé et retrouver la concentration et l’énergie nécessaires pour faire le travail. Il est sacrément bon, donc je pense qu’il y arrivera.”
“C’est quelque chose de très important dans la tête, la dimension psychologique. Lorsqu’il a perdu le championnat l’an dernier, tout le monde disait que c’était à lui, que le titre était pratiquement acquis.”
“Quand vous êtes dans une position où vous semblez imbattable et que vous perdez le championnat, c’est difficile à avaler.”
Montoya va même jusqu’à conseiller à Piastri d’accepter l’idée qu’il pourrait ne jamais devenir champion du monde. Une perspective volontairement brutale, mais qui doit selon lui permettre à l’Australien de se concentrer sur ce qu’il peut réellement contrôler.
“Il pourrait en avoir une autre, mais des opportunités comme celle-là ne se présentent pas souvent.”
“C’est la réalité de ce sport. Il a réalisé des choses extraordinaires. À moins que votre seule motivation soit de devenir champion du monde, la réalité de ce sport est que, pour être champion du monde, tout doit aller dans votre sens. Il faut être dans la meilleure voiture.”
“Maintenant, il doit se concentrer sur le quotidien, gagner des courses, se concentrer sur les essais et maximiser chaque opportunité. Ensuite, l’occasion pourrait se présenter d’elle-même.”
“Vous ne pouvez pas déterminer le reste de votre carrière parce que vous avez terminé deuxième ou troisième du championnat du monde. C’est frustrant que votre équipier ait gagné, mais c’est pour cela que nous faisons la course.”







